Le Ministère Temporise, les Pharmaciens Attendent : Tehraoui Rassure Mais Reste Vague sur l’Ouverture du Capital

🔥 Actualité brûlante

Le ministre de la Santé, Amine Tehraoui, a multiplié les déclarations rassurantes le 5 mars 2026 face à la mobilisation croissante des pharmaciens d’officine contre le projet d’ouverture du capital des pharmacies. Selon plusieurs sources médiatiques (Le Nouvelliste Maroc, Medias24, Finances News Hebdo, Hespress Français), le ministre a confirmé la continuité du dialogue avec la profession tout en écartant formellement l’ouverture du capital.

Mais attention : les paroles du ministre ne suffisent plus à calmer la tempête. Après des semaines de menaces de grèves nationales, de mobilisation syndicale intense et de pressions politiques, cette énième « assurance » gouvernementale ressemble davantage à une manœuvre de temporisation qu’à une véritable résolution du dossier. Le ministère tente de faire baisser la pression, mais sans offrir de garanties structurelles ou législatives.

📋 Décryptage

Pourquoi cette rassurance maintenant ? Le contexte est clair : la profession pharmaceutique marocaine est en état de mobilisation maximale depuis plusieurs semaines. Les syndicats ont menacé des grèves nationales, les partis politiques (notamment le PPS) se sont positionnés contre le projet, et l’opinion publique commence à s’intéresser à la question. Le ministère, conscient de cette pression, cherche à regagner la confiance sans reculer formellement.

Tehraoui confirme « la continuité du dialogue » — une formule classique qui ne signifie rien de concret. Le dialogue, c’est bon pour les communiqués de presse, pas pour les garanties légales. Les pharmaciens demandent depuis le début une clarification législative : un texte, un décret, une loi qui protège le monopole pharmaceutique. Des paroles, même rassurantes, ne suffisent pas.

L’absence de calendrier précis est révélatrice. Le ministre ne fixe aucune date pour la fin de ce « dialogue ». Cela signifie que le dossier reste ouvert, que les intentions gouvernementales restent floues, et que le risque d’une ouverture du capital n’est pas définitivement écarté. C’est une stratégie classique : laisser traîner pour que la mobilisation s’essouffle.

Parallèlement, le Conseil de la concurrence a publié une analyse chiffrée des limites du modèle actuel de distribution du médicament (Le Desk, 5 mars 2026). Cette intervention du Conseil de la concurrence — un organe indépendant — est stratégiquement importante : elle légitime les critiques envers le monopole pharmaceutique et pourrait servir de fondement à une future libéralisation. C’est un signal que le dossier n’est pas clos, loin de là.

📰 En bref

  • Rassurances multiples, même jour : Le ministre a répété sa position dans au moins quatre organes de presse différents le 5 mars. Cette multiplication des déclarations suggère une volonté de « saturer » l’espace médiatique avec un message unique : « pas d’ouverture du capital ». Tactique classique de gestion de crise.
  • Le Conseil de la concurrence joue son rôle : En publiant une analyse des « limites chiffrées » du modèle actuel, le Conseil de la concurrence pose les fondations théoriques d’une future libéralisation. Les chiffres, c’est plus difficile à contredire que les promesses politiques.
  • GITEX Future Health Africa à Casablanca (4-6 mai 2026) : Le Maroc accueille cette première édition du salon de la santé et de la technologie. Un événement qui pourrait être l’occasion de débats sur la modernisation du secteur pharmaceutique — y compris sur l’ouverture du capital. À surveiller.
  • Absence de texte législatif : Aucun projet de loi, aucun décret, aucun texte réglementaire n’a été annoncé pour formaliser les « assurances » du ministre. C’est l’absence la plus bruyante de cette actualité.

💊 Ce qu’il faut retenir

  • Les paroles ministérielles ne sont pas des garanties : Tant qu’il n’y a pas de texte législatif ou réglementaire, le risque d’ouverture du capital persiste. Les pharmaciens doivent maintenir leur vigilance.
  • Le Conseil de la concurrence prépare le terrain : Son analyse des « limites » du modèle actuel est un préalable classique à une libéralisation. C’est un signal d’alerte majeur.
  • Le dialogue gouvernemental est une stratégie d’apaisement : Elle vise à faire baisser la pression syndicale sans résoudre le problème de fond. Les pharmaciens ne doivent pas se laisser endormir.
  • L’absence de calendrier est suspecte : Un vrai dialogue aurait une date de fin. L’absence de deadline laisse la porte ouverte à des évolutions futures.
  • Les événements internationaux (GITEX) pourraient relancer le débat : Soyez prêts à réagir si le sujet resurgit lors de forums professionnels.

✊ Le mot de la rédaction

Confrères, nous devons être lucides : ce que nous voyons aujourd’hui, c’est une tactique de gestion de crise, pas une victoire. Le ministre rassure parce que vous avez fait pression. C’est bon signe. Mais ne confondons pas apaisement temporaire et résolution définitive.

Le dossier de l’ouverture du capital des pharmacies reste structurellement ouvert. Le Conseil de la concurrence continue son travail. Les lobbies financiers ne renoncent pas. Et le gouvernement, tout en rassurant publiquement, ne ferme aucune porte.

Notre profession doit transformer ces assurances verbales en garanties légales. Cela signifie :

  • Exiger un texte législatif qui protège le monopole pharmaceutique — pas des promesses.
  • Maintenir la mobilisation syndicale à un niveau de vigilance élevé.
  • Documenter chaque tentative de contournement du monopole (vente en ligne, parapharmacie non réglementée, etc.).
  • Renforcer l’alliance avec les partis politiques qui défendent la profession.
  • Préparer les arguments pour GITEX Future Health Africa en mai : nous devons être présents et visibles dans ce débat sur la modernisation du secteur.

Le silence du gouvernement sur les garanties législatives est plus éloquent que tous ses discours rassurants. Restez mobilisés. La bataille n’est pas gagnée.


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