Ouverture du Capital : Les Pharmaciens Sonnent l’Alarme Face aux Recommandations du Conseil de la Concurrence

Veille réglementaire — 23 mars 2026
Le Conseil de la Concurrence persiste dans sa volonté de libéraliser le secteur officinal. Face à ces recommandations menaçantes, les pharmaciens marocains se mobilisent. Le Dr. Mohammed Chattou enfonce le clou : l’ouverture du capital aux investisseurs non pharmaciens aggraverait la précarité économique de la profession.

Fait Marquant : La Profession Officinale en Première Ligne

Confrères, c’est le moment critique. Selon les informations datées du 22 mars 2026, les pharmaciens marocains se dressent « vent debout » contre les recommandations du Conseil de la Concurrence (CC). Cette mobilisation n’est pas anodine : elle cristallise des mois de tensions autour de la question centrale qui menace notre modèle : l’ouverture du capital des pharmacies d’officine aux investisseurs non pharmaciens.

Plus explicite encore, le Dr. Mohammed Chattou, figure de proue de cette résistance, déclare sans détour : « L’ouverture du capital des pharmacies d’officine aux investisseurs non pharmaciens ne fera qu’aggraver la situation économique et financière des pharmaciens ». Cette prise de position, rapportée le 22 mars 2026, n’est pas une simple opinion : c’est un diagnostic clinique de ce qui nous attend si nous plions face aux pressions du CC.

Alerte : Le Modèle Officinal sous Pression

Le Conseil de la Concurrence ne cache plus ses intentions. Ses recommandations visent à démanteler le monopole pharmaceutique en permettant aux fonds d’investissement et aux groupes financiers de prendre le contrôle des officines. C’est la porte ouverte à la financiarisation de notre profession et à l’érosion de notre indépendance professionnelle.

Rappelons-le : le pharmacien d’officine n’est pas un simple commerçant. C’est un acteur de santé publique, responsable de la dispensation des médicaments, du conseil thérapeutique et de la pharmacovigilance. Laisser des investisseurs financiers contrôler nos officines, c’est transformer la santé en marchandise.

Décryptage : Pourquoi Cette Menace Est Existentielle

Le Conseil de la Concurrence prétend que l’ouverture du capital stimulerait la concurrence et améliorerait l’accès aux médicaments. C’est un mensonge économique. Voici pourquoi :

  • Concentration accélérée : Les fonds d’investissement ne rêvent que d’une chose : consolider les officines en chaînes, réduire les coûts (donc la qualité du service), et maximiser les profits. Les petites et moyennes officines disparaîtront.
  • Perte d’autonomie professionnelle : Un pharmacien actionnaire minoritaire dans sa propre officine ? C’est l’absurdité. Les décisions seront dictées par des investisseurs qui ne connaissent rien à la pharmacie, seulement aux rendements financiers.
  • Dégradation du service public : Quand la logique financière prime, les zones rurales et les quartiers pauvres perdent leurs pharmacies. C’est ce qui s’est passé partout où ce modèle a été appliqué.
  • Fragilisation économique de la profession : Le Dr. Chattou l’énonce clairement : l’ouverture du capital aggraverait notre situation financière. Pourquoi ? Parce que les investisseurs prélèveront des dividendes massifs, réduiront les marges, et nous laisseront avec les miettes.

Le Conseil de la Concurrence oublie un détail : la pharmacie n’est pas un secteur comme les autres. C’est un service de santé. Elle doit rester sous contrôle professionnel, pas financier.

Contexte : Une Bataille qui Dure Depuis des Mois

Cette mobilisation du 22 mars 2026 n’est que la dernière salve d’une bataille qui s’intensifie. Le CC a déjà formulé ses recommandations. Le gouvernement hésite. Et nous, pharmaciens, nous devons rester mobilisés. Chaque jour de silence nous rapproche du point de non-retour.

En Bref : Les Autres Actualités du Secteur

Investissement Pharma : Sopharma Mobilise 100 Millions de Dirhams

Bonne nouvelle côté industrie pharmaceutique. Selon Le Nouvelliste Maroc (22 mars 2026), Sopharma investit 100 millions de dirhams pour construire une nouvelle unité pharmaceutique à Casablanca. C’est un signal positif pour la production locale de médicaments, même si cela ne résout pas la crise structurelle de nos officines.

Secteur Pharma en Transformation Globale

Le Maroc mise sur l’innovation dans le secteur pharmaceutique, selon Maroc Diplomatique (22 mars 2026). Mais l’innovation industrielle ne vaut rien si le modèle de distribution (nos officines) s’effondre.

A Retenir : Les Points Clés de Cette Veille

  • Mobilisation Active : Les pharmaciens marocains refusent les recommandations du Conseil de la Concurrence. La profession est unie et vigilante.
  • Position Claire du Dr. Chattou : L’ouverture du capital aggraverait la situation économique des pharmaciens. C’est un diagnostic sans appel.
  • Enjeu Existentiel : Il ne s’agit pas d’une querelle corporatiste, mais de la survie du modèle officinal et de l’accès aux médicaments pour tous les Marocains.
  • Investissements Parallèles : Pendant que nous nous battons pour notre modèle, l’industrie pharma se renforce (Sopharma, 100 MDH). Nous devons aussi nous moderniser.
  • Urgence Gouvernementale : Le gouvernement doit trancher. Chaque jour d’hésitation affaiblit notre position.

Le Mot de la Rédaction : Pas de Compromis sur le Modèle Officinal

Confrères, nous sommes à un carrefour. Le Conseil de la Concurrence enfonce le clou depuis des mois. Ses recommandations visent à transformer nos officines en simples points de vente contrôlés par des fonds d’investissement. C’est inacceptable.

Le Dr. Mohammed Chattou a raison : l’ouverture du capital aggraverait notre situation. Mais il y a plus. C’est notre identité professionnelle qui est en jeu. Un pharmacien n’est pas un gérant de magasin. C’est un professionnel de santé responsable devant ses patients et devant la société.

La mobilisation du 22 mars 2026 montre que la profession refuse de plier. C’est bien. Mais ce n’est pas suffisant. Nous devons :

  • Amplifier la mobilisation : Chaque pharmacien doit faire entendre sa voix. Pas de silence, pas de résignation.
  • Proposer des alternatives : Ne pas seulement dire « non » au CC, mais proposer une vision moderne de l’officine : digitalisation, services cliniques, coopératives, etc.
  • Interpeller le gouvernement : Le ministre de la Santé doit trancher. Soit il défend le modèle officinal, soit il l’abandonne. Il n’y a pas de tiers choix.
  • Documenter les dégâts : Nous devons produire des études montrant comment l’ouverture du capital a détruit les officines dans d’autres pays.

PharmAssiste appelle la profession à rester mobilisée et vigilante. Le Conseil de la Concurrence ne renoncera pas. Nous non plus. Cette bataille se gagne au quotidien, par la mobilisation, par la clarté de nos positions, et par la détermination à défendre un modèle qui a fait ses preuves.

Le secteur pharmaceutique marocain a besoin de modernisation, c’est vrai. Mais pas au prix de notre indépendance professionnelle. Les pharmacies d’officine ne sont pas à vendre.

Sources consultées (22-23 mars 2026) :

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