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Fait marquant : L’Avis du Conseil de la Concurrence Ravive la Controverse
Ce mardi 24 mars 2026, le Conseil de la Concurrence a rendu public son avis détaillé sur la distribution des médicaments au Maroc. Cet avis, attendu depuis des semaines, relance le débat sur la structure même du secteur pharmaceutique marocain et, surtout, sur la possibilité d’une ouverture du capital des pharmacies d’officine.
Selon les informations rapportées par Challenge.ma, cet avis constitue une analyse approfondie des dysfonctionnements du marché pharmaceutique : concentration monopolistique, inefficacités administratives, et fragilités structurelles du modèle actuel. Le Conseil de la Concurrence ne mâche pas ses mots : le système de distribution des médicaments au Maroc présente des failles majeures qui, selon lui, justifieraient une réforme en profondeur.
Mais voilà le problème : cette « réforme » pourrait bien signifier l’ouverture du capital des pharmacies à des investisseurs externes, voire à des chaînes de distribution étrangères. C’est précisément ce que redoute la profession pharmaceutique depuis des mois.
Les pharmaciens d’officine ne resteront pas les bras croisés. Maroc Diplomatique rapporte que un sit-in est annoncé pour le 9 avril 2026 devant le siège du Conseil de la Concurrence. Cette action de protestation massive symbolise le refus catégorique de la profession face aux recommandations qui menaceraient le monopole pharmaceutique officinal.
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Décryptage : Pourquoi Cette Mobilisation Est Cruciale
Comprendre les enjeux réels
Le Conseil de la Concurrence, institution indépendante chargée de veiller à la libre concurrence, a toujours considéré le modèle monopolistique des pharmacies d’officine comme un frein à la compétition. Son avis détaillé d’aujourd’hui ne fait que confirmer cette position : selon lui, le système actuel crée des inefficacités, maintient des prix artificiellement élevés, et limite l’accès aux médicaments pour certaines populations.
En surface, ces critiques semblent légitimes. Mais elles occultent une réalité fondamentale : le pharmacien d’officine n’est pas un simple commerçant. C’est un professionnel de santé, garant de la qualité, de la sécurité et de la traçabilité des médicaments. Le monopole officinal existe précisément pour protéger la santé publique, pas pour enrichir les pharmaciens.
Si le capital des pharmacies s’ouvre à des investisseurs financiers, deux scénarios catastrophes se profilent :
- Scénario 1 : La financiarisation du médicament. Des fonds d’investissement ou des chaînes de distribution étrangères pourraient prendre le contrôle des officines, transformant la pharmacie en simple point de vente. La logique mercantile remplacerait la logique sanitaire.
- Scénario 2 : La concentration extrême. Les petites et moyennes pharmacies, incapables de rivaliser avec des chaînes capitalisées, disparaîtraient. Le Maroc se retrouverait avec quelques géants pharmaceutiques contrôlant 80% du marché.
C’est exactement ce que dénonce l’article de Challenge.ma intitulé « Le médicament menacé par une logique mercantiliste » (23 mars 2026). Les auteurs y soulignent que la réforme proposée par le Conseil de la Concurrence risque de transformer le médicament en simple marchandise, au détriment de l’intérêt public.
Le sit-in du 9 avril n’est pas une date anodine. Elle intervient alors que le gouvernement doit trancher sur les recommandations du Conseil de la Concurrence. Cette mobilisation massive des pharmaciens aura pour objectif de rappeler au pouvoir exécutif que la profession ne pliera pas face aux pressions de la « logique mercantiliste ».
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En bref : Les Autres Actualités du Jour
Réforme sanitaire en cours
Au-delà de la distribution des médicaments, Le360 rapporte (23 mars 2026) que « Médicaments : la réforme amorcée ». Le gouvernement poursuit ses efforts de modernisation du cadre réglementaire, avec notamment l’adoption de trois décrets sanitaires. Ces réformes visent à améliorer la traçabilité, la qualité et l’accès aux médicaments. Cependant, elles ne règlent pas la question fondamentale : celle de la structure de distribution.
Sécurité et contrefaçon
Sur le front de la lutte contre les médicaments illicites, les autorités algériennes ont saisi plus de 55 kg de kif traité en provenance du Maroc (Le Soir d’Algérie, 23 mars 2026). Bien que ce sujet ne concerne pas directement les pharmacies d’officine, il rappelle l’importance d’une distribution strictement encadrée et contrôlée des substances. C’est un argument supplémentaire en faveur du maintien du monopole officinal.
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A retenir : Les Points Essentiels
- Avis du Conseil de la Concurrence publié le 24 mars 2026 : Critique sévère du modèle monopolistique des pharmacies, avec implicitement une recommandation d’ouverture du capital.
- Sit-in programmé le 9 avril 2026 : Les pharmaciens d’officine se mobilisent massivement devant le Conseil de la Concurrence pour défendre le modèle officinal.
- Enjeu fondamental : Préserver la pharmacie comme profession de santé, pas comme simple commerce. La logique sanitaire doit primer sur la logique mercantile.
- Fenêtre politique critique : Le gouvernement doit trancher rapidement. Les pharmaciens font pression pour que le pouvoir exécutif rejette les recommandations du Conseil.
- Réformes en parallèle : Modernisation réglementaire en cours (trois décrets sanitaires), mais insuffisante pour résoudre la crise structurelle du secteur.
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Le mot de la rédaction : La Ligne Rouge Ne Doit Pas Être Franchie
Confrères pharmaciens, nous sommes à un tournant décisif. Le Conseil de la Concurrence a parlé, et son message est clair : il veut démanteler le monopole officinal au nom de la « libre concurrence ». Mais cette institution oublie une vérité élémentaire : le médicament n’est pas une marchandise ordinaire.
Le sit-in du 9 avril ne doit pas être une simple manifestation de protestation. C’est un moment de vérité pour notre profession. C’est l’occasion de rappeler au gouvernement, aux décideurs, et à l’opinion publique que les pharmaciens d’officine sont des acteurs de santé publique, pas des commerçants en quête de profit maximal.
Nous avons déjà vu ce qui se passe quand le capital s’empare du secteur sanitaire : privatisation rampante, inégalités d’accès, dérive des prix. Le Maroc ne doit pas suivre ce chemin. Notre pays a besoin d’une pharmacie forte, indépendante, et ancrée dans la réalité de terrain.
« Le secteur des pharmacies d’officines au Maroc n’est pas à vendre. » — Walid Amri, porte-parole de la profession
Cette phrase, prononcée lors des précédentes mobilisations, doit rester notre mantra. Le 9 avril, soyez nombreux devant le Conseil de la Concurrence. Montrez que la profession est unie, mobilisée, et déterminée à défendre ses principes fondamentaux.
Le gouvernement doit trancher : soit il choisit la santé publique, soit il choisit la financiarisation du médicament. Il n’y a pas de tiers choix.
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• Challenge.ma — Distribution des médicaments : l’avis détaillé du Conseil de la Concurrence
• Challenge.ma — Le médicament menacé par une logique mercantiliste
• Maroc Diplomatique — Pharmaciens : Un sit-in annoncé le 9 avril devant le Conseil de la concurrence
• Le360 — Médicaments : la réforme amorcée
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