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Fait marquant : Le Conseil de la Concurrence Relance le Débat sur l’Ouverture du Capital
Confrères, c’est reparti. Après des mois de calme relatif, le Conseil de la concurrence revient à la charge avec des déclarations qui sonnent comme une provocation directe à la profession pharmaceutique. Le 10 mars 2026, plusieurs sources médiatiques rapportent que le Conseil a présenté ses recommandations sur la distribution du médicament, avec un message clair : le modèle actuel des pharmacies d’officine est « fragilisé » et « sous tension ».
Ahmed Rahhou, président du Conseil de la concurrence, ne mâche pas ses mots. Selon Hespress Français, le modèle actuel « a atteint ses limites ». Le Conseil appelle donc à « ouvrir le débat » sur une évolution du système, ce qui, dans le langage technocratique, signifie clairement : il faut libéraliser.
Cette nouvelle intervention du Conseil de la concurrence intervient à un moment stratégique. Rappelons que la profession avait remporté une victoire apparente en septembre 2025 lorsque le ministre Tehraoui avait écarter l’ouverture du capital. Mais voilà que les tenants de la libéralisation reviennent par la porte de derrière, armés d’un rapport officiel et d’arguments économiques.
Le Conseil de la concurrence ne propose pas directement l’ouverture du capital. Il parle de « réforme du modèle économique », de « repenser la distribution », de « fragilisation ». Mais le message est transparent : le système actuel est condamné, il faut le changer. C’est une stratégie classique de contournement politique : faire passer la libéralisation pour une nécessité économique inévitable.
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Décryptage : Pourquoi Cette Offensive Maintenant ?
Plusieurs éléments expliquent cette résurgence du dossier :
- L’usure du statu quo. Le Conseil de la concurrence prétend que le modèle actuel crée des « tensions » économiques. En réalité, il s’agit de justifier une intervention en faveur de la libéralisation en la présentant comme une solution technique à des problèmes réels (marges, accès aux médicaments, etc.).
- Un rapport officiel comme arme politique. En publiant ses recommandations, le Conseil donne une légitimité institutionnelle à la réforme. Ce n’est plus une simple opinion, c’est un avis d’une autorité administrative indépendante.
- La pression des groupes financiers. Derrière le Conseil de la concurrence, on retrouve les mêmes intérêts qui poussent pour l’ouverture du capital : les fonds d’investissement, les chaînes de distribution, les multinationales pharmaceutiques. Ils n’ont pas renoncé ; ils changent simplement de stratégie.
- L’affaiblissement potentiel de la mobilisation professionnelle. Après les grèves de 2024-2025, la profession a remporté une victoire. Mais la vigilance s’est relâchée. C’est le moment idéal pour relancer le débat.
Le vrai enjeu : Le Conseil de la concurrence cherche à transformer un débat politique (faut-il ouvrir le capital ?) en débat technique (comment rendre le système plus efficace ?). C’est une tactique redoutable, car elle dépolitise la question et la rend apparemment inévitable.
Selon Le Desk, le Conseil présente ses recommandations sans détails publics complets, mais l’orientation est claire : il faut « repenser » le modèle. Les sources évoquent une « fragilisation du système de distribution » et la nécessité d’une « évolution ».
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En bref : Les Autres Actualités du Jour
Retrait de lots de lait infantile du marché. Les autorités pharmaceutiques activent le retrait de lots de lait infantile du marché marocain (10 mars 2026). Une action de pharmacovigilance bienvenue, qui montre que le système de contrôle fonctionne — du moins sur ce dossier.
Ahmed Rahhou précise sa position. Selon SNRTnews (10 mars 2026), le président du Conseil de la concurrence « apporte des précisions » sur l’ouverture du capital. Traduction : il essaie de vendre son projet comme une simple réforme technique, pas comme une libéralisation.
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A retenir
- Le Conseil de la concurrence relance l’offensive sur la réforme du modèle des pharmacies, affirmant que le système actuel « a atteint ses limites ».
- Ahmed Rahhou appelle à « ouvrir le débat » sur une évolution du modèle économique — un langage qui cache mal l’intention de libéraliser.
- C’est une stratégie de contournement politique : transformer un débat politique en débat technique pour le rendre inévitable.
- La profession doit rester vigilante. La victoire de 2025 n’est pas définitive. Les tenants de la libéralisation reviennent par d’autres canaux institutionnels.
- Les vrais enjeux ne changent pas : préserver l’indépendance professionnelle, protéger l’accès aux médicaments, éviter la financiarisation de la santé.
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Le mot de la rédaction : La Vigilance n’est Pas une Option
Confrères, ce qui se passe aujourd’hui est révélateur d’une réalité que nous connaissons bien : la bataille pour défendre notre profession n’est jamais vraiment terminée. Elle change simplement de forme.
Hier, c’était le ministre Tehraoui qui poussait pour l’ouverture du capital. Nous avons mobilisé, nous avons grévé, nous avons gagné. Mais les forces de la libéralisation ne disparaissent pas ; elles se regroupent, elles changent de stratégie, elles utilisent d’autres institutions.
Aujourd’hui, c’est le Conseil de la concurrence qui prend le relais. Demain, ce sera peut-être une commission parlementaire, un rapport d’experts, une directive gouvernementale. Le scénario est toujours le même : présenter la libéralisation comme une nécessité économique inévitable.
« Le modèle actuel a atteint ses limites. » Voilà le mantra qu’on nous répète. Mais qui définit ces limites ? Qui décide qu’elles sont atteintes ? Ce ne sont pas les pharmaciens, ce ne sont pas les patients, ce sont les technocrates et les financiers qui veulent transformer la santé en marché.
Ce que nous devons faire :
- Ne pas nous endormir sur nos lauriers. La victoire de 2025 est un succès, mais elle
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PharmAssiste Veille Réglementaire — 11/03/2026