Compléments Alimentaires : Une Proposition de Loi pour Reprendre le Contrôle de la Parapharmacie Sauvage

Veille réglementaire — mardi 14 avril 2026
Une proposition de loi visant à réserver l’exclusivité des compléments alimentaires aux pharmaciens a été déposée. Un signal fort contre la commercialisation anarchique de ces produits en dehors du circuit pharmaceutique régulé. Confrères, c’est une bataille que nous attendions depuis longtemps.

Fait marquant : Les Compléments Alimentaires Enfin Sous Surveillance

Une proposition de loi pour que les compléments alimentaires soient exclusifs aux pharmaciens a été publiée le 13 avril 2026, selon Le360. Ce texte, dont les détails précis restent à clarifier, représente une avancée majeure dans la régulation d’un secteur qui échappe depuis trop longtemps au contrôle des autorités sanitaires.

Jusqu’à présent, les compléments alimentaires — vitamines, minéraux, plantes, acides aminés — se vendent un peu partout : grandes surfaces, boutiques en ligne, petits commerces, sans aucun contrôle réel. C’est un vide réglementaire que les autorités marocaines ont enfin décidé de combler. Et c’est aux pharmaciens qu’on confie cette responsabilité. Logique.

Cette proposition de loi intervient dans un contexte où l’OMPC (Ordre Marocain de la Pharmacie et de la Chimie) a justement alerté, le 13 avril 2026, sur les risques des boissons énergétiques pour les mineurs. Un signal d’alarme qui montre l’urgence : ces produits, souvent mal étiquetés, mal dosés, sans conseil professionnel, posent un vrai problème de santé publique.

La proposition de loi n’est pas encore adoptée, mais elle marque un tournant. Elle reconnaît enfin que le pharmacien n’est pas un simple commerçant, mais un professionnel de santé dont le rôle dépasse la simple vente de médicaments.

Décryptage : Pourquoi Cette Bataille Était Inévitable

Depuis des années, nous dénoncions l’anarchie du marché des compléments alimentaires. Ces produits, qui ne sont pas des médicaments au sens strict mais qui ont des effets biologiques réels, s’échappaient de tout contrôle. Résultat : des produits contrefaits, des dosages fantaisistes, des allégations santé non vérifiées, des interactions médicamenteuses ignorées.

Le pharmacien d’officine, lui, est formé pour :

  • Vérifier la composition et la qualité des produits
  • Conseiller sur les interactions avec les médicaments
  • Adapter les recommandations au profil du patient
  • Signaler les produits dangereux ou contrefaits
  • Assurer la traçabilité et la pharmacovigilance

Cette proposition de loi, si elle aboutit, ferait des compléments alimentaires un acte professionnel encadré, comme c’est le cas dans plusieurs pays européens. C’est une reconnaissance du rôle du pharmacien dans la chaîne de santé publique.

Enjeu majeur pour la profession

Cette exclusivité, si elle est votée, représenterait une nouvelle source de valeur ajoutée pour l’officine et une légitimation de notre rôle de professionnel de santé — exactement ce que nous défendons face à la menace d’ouverture du capital des pharmacies.

Mais attention : cette proposition de loi ne doit pas être un écran de fumée. Pendant qu’on régule les compléments alimentaires, le gouvernement continue de préparer l’ouverture du capital des pharmacies. Les deux dossiers sont liés. Renforcer notre monopole sur les compléments alimentaires tout en ouvrant le capital aux investisseurs financiers serait une contradiction majeure.

En bref : Les Autres Signaux de la Semaine

Alerte de l’OMPC sur les boissons énergétiques (13 avril 2026)

L’Ordre Marocain de la Pharmacie et de la Chimie a lancé une alerte officielle sur les risques des boissons énergétiques pour les mineurs. Ces produits, souvent riches en caféine et en sucres, se vendent librement sans aucun contrôle d’âge. C’est un exemple parfait de ce qui se passe quand la parapharmacie échappe à la supervision pharmaceutique. Lire l’alerte sur Maroc Diplomatique

Contexte international : L’UE affiche un excédent commercial record en pharma (13 avril 2026)

Pendant ce temps, l’Union Européenne enregistre un excédent commercial record dans le secteur pharmaceutique en 2025. Cela montre l’importance stratégique de ce secteur. Le Maroc, lui, doit décider s’il veut construire une industrie pharmaceutique forte et régulée, ou laisser les investisseurs financiers la fragmenter. Lire sur Maroc Diplomatique

A retenir

  • Proposition de loi majeure : Les compléments alimentaires pourraient devenir exclusifs aux pharmaciens — une victoire réglementaire pour la profession.
  • Santé publique en jeu : L’alerte de l’OMPC sur les boissons énergétiques montre l’urgence de réglementer la parapharmacie sauvage.
  • Reconnaissance du rôle professionnel : Cette proposition reconnaît que le pharmacien est un acteur de santé publique, pas un simple commerçant.
  • Vigilance requise : Ne pas laisser cette avancée servir de paravent à l’ouverture du capital des pharmacies.
  • Prochaines étapes : Suivre le parcours législatif de cette proposition et s’assurer qu’elle aboutisse sans compromis.

Le mot de la rédaction : Une Victoire à Consolider, Pas à Célébrer Prématurément

Confrères, cette proposition de loi sur les compléments alimentaires est un signal positif. Elle montre que nos alertes répétées sur la parapharmacie sauvage ont fini par être entendues. Mais ne nous trompons pas : c’est une bataille gagnée, pas la guerre.

Pourquoi ? Parce que pendant qu’on régule les compléments alimentaires, le gouvernement prépare l’ouverture du capital des pharmacies. C’est une contradiction flagrante. Comment pouvons-nous être reconnus comme des professionnels de santé responsables de la distribution des compléments alimentaires, si notre officine elle-même peut être contrôlée par des fonds d’investissement sans aucune expertise pharmaceutique ?

Cette proposition de loi doit être un point de départ, pas un point d’arrivée. Nous devons :

  • Soutenir activement cette proposition au Parlement et auprès des autorités sanitaires
  • Exiger des précisions : quels compléments ? Quel cadre de vente ? Quelles formations obligatoires ?
  • Lier cette victoire à la défense du monopole pharmaceutique : pas de compléments alimentaires exclusifs aux pharmaciens si le capital des pharmacies s’ouvre
  • Préparer l’implémentation : former nos confrères, adapter les officines, mettre en place la traçabilité

Le Maroc a une chance de construire un modèle pharmaceutique fort, régulé, centré sur le professionnel de santé. Cette proposition de loi en est un élément. Mais elle ne suffira pas si nous acceptons que nos officines soient fragmentées par des investisseurs financiers.

Le pharmacien doit rester maître de son officine et de ses choix thérapeutiques. C’est la condition pour que la société lui fasse confiance — sur les compléments alimentaires comme sur tout le reste. — PharmAssiste

Prochains rendez-vous à surveiller : Le parcours législatif de cette proposition de loi, les réactions du gouvernement sur l’ouverture du capital, et les positions des groupes pharmaceutiques. Nous serons vigilants.

Sources consultées : Le360Maroc Diplomatique • Ordre Marocain de la Pharmacie et de la Chimie (OMPC)


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PharmAssiste Veille Réglementaire — 14/04/2026

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