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Fait Marquant : L’Alerte des Autorités sur les Compléments Alimentaires Dangereux
Le 8 avril 2026, Le360 rapporte une alerte des autorités marocaines concernant des compléments alimentaires à hauts risques commercialisés sous le prétexte de solutions pour « maigrir à tout prix ».
Cette alerte intervient dans un contexte où la parapharmacie — ces produits qui ne sont pas des médicaments au sens strict mais prétendent à des effets thérapeutiques — échappe largement au contrôle réglementaire. Contrairement aux médicaments soumis à l’Autorité Marocaine de Réglementation Pharmaceutique (AMMPS), les compléments alimentaires bénéficient d’un cadre réglementaire beaucoup plus permissif.
Le problème est majeur : ces produits circulent dans des circuits non pharmaceutiques (grandes surfaces, e-commerce, réseaux parallèles), sans traçabilité, sans contrôle de composition, sans pharmacovigilance. Les consommateurs les achètent sans conseil professionnel, souvent sur la base de promesses marketing agressives.
Des compléments alimentaires « minceur » contiennent des substances à hauts risques : caféine excessive, ingrédients non déclarés, contaminants. Les autorités alertent sur les risques cardiovasculaires, hépatiques et rénaux liés à ces produits.
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Décryptage : Pourquoi Cette Alerte Concerne Directement les Pharmaciens
Confrères, cette alerte pose une question fondamentale : qui est responsable de la santé publique dans ce secteur ?
Historiquement, la pharmacie d’officine était le point de passage obligatoire pour tout produit ayant une prétention thérapeutique. Le pharmacien était le gardien de la qualité, de la traçabilité, du conseil avisé. Mais depuis des années, la parapharmacie s’est développée en dehors de ce cadre, créant une zone grise où :
- Les produits ne sont pas contrôlés avec la même rigueur que les médicaments
- Les circuits de distribution échappent à la supervision pharmaceutique
- Les consommateurs ne bénéficient pas du conseil d’un professionnel de santé
- La pharmacovigilance est quasi inexistante pour ces produits
Cette alerte des autorités est donc une reconnaissance implicite que le système a des failles. Mais elle pose aussi une question stratégique pour notre profession : allons-nous accepter que la parapharmacie continue à se développer en dehors de nos officines, ou allons-nous exiger que ces produits passent par le circuit pharmaceutique ?
Rappelez-vous : le nouveau Code du Médicament en préparation doit redéfinir les frontières entre médicament et parapharmacie. C’est une opportunité majeure pour notre profession d’exiger que les compléments alimentaires à visée thérapeutique soient mieux encadrés et passent par les officines. Sinon, nous continuerons à voir des produits dangereux circuler sans contrôle.
Cette alerte montre aussi que les autorités sanitaires commencent à prendre conscience du problème. C’est un signal positif. Mais il faut que les pharmaciens se mobilisent pour proposer des solutions : renforcer le contrôle, exiger la traçabilité, imposer le passage par l’officine pour les produits à risque.
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En Bref : Autres Actualités du Jour
Chambre des Représentants : Aucune actualité pharmaceutique majeure n’a été publiée aujourd’hui sur le site parlementaire. Les dossiers en cours (Code du Médicament, réforme de l’AMO) restent en phase de travail législatif sans annonces publiques.
Contexte Général : Le Maroc poursuit ses réformes numériques et de gouvernance, mais le secteur pharmaceutique reste en attente de clarifications majeures sur les enjeux réglementaires et structurels.
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A Retenir
- Alerte Officielle : Les autorités marocaines dénoncent des compléments alimentaires « minceur » à hauts risques — une reconnaissance que la parapharmacie non réglementée pose un problème de santé publique.
- Vide Réglementaire : Contrairement aux médicaments, les compléments alimentaires échappent au contrôle strict de l’AMMPS et circulent sans traçabilité ni pharmacovigilance.
- Responsabilité Professionnelle : Les pharmaciens doivent se positionner clairement : soit accepter que la parapharmacie se développe hors de l’officine, soit exiger son encadrement et son passage par le circuit pharmaceutique.
- Opportunité Législative : La réforme du Code du Médicament est l’occasion de redéfinir les frontières entre médicament et parapharmacie, et d’imposer des standards de qualité plus stricts.
- Enjeu de Santé Publique : Cette alerte montre que les autorités commencent à prendre conscience du problème — c’est le moment pour la profession de proposer des solutions concrètes.
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Le Mot de la Rédaction : Une Alerte qui Devrait Mobiliser la Profession
Confrères, cette alerte des autorités sur les compléments alimentaires dangereux n’est pas une simple information sanitaire. C’est un signal politique.
Pendant des années, nous avons vu la parapharmacie se développer en dehors de nos officines, sans contrôle, sans traçabilité, sans conseil professionnel. Les grandes surfaces, les e-commerçants, les réseaux parallèles se sont approprié ce marché. Et aujourd’hui, les autorités découvrent que des produits dangereux circulent sans qu’on sache d’où ils viennent ni ce qu’ils contiennent vraiment.
Cela aurait pu être évité si ces produits avaient dû passer par les pharmacies. Cela aurait pu être évité si la profession avait eu le monopole sur tout ce qui prétend à un effet thérapeutique.
Mais voilà le paradoxe : alors que nous nous battons contre l’ouverture du capital des pharmacies — une menace existentielle pour notre profession — nous laissons la parapharmacie s’échapper de nos mains. Nous cédons du terrain sur un front pendant que nous nous défendons sur un autre.
Cette alerte doit être un catalyseur. Elle doit nous rappeler que notre légitimité professionnelle repose sur notre capacité à protéger la santé publique. Pas sur nos intérêts commerciaux, mais sur notre rôle de professionnel de santé.
Trois actions urgentes :
- Mobiliser l’Ordre des Pharmaciens pour exiger que les compléments alimentaires à visée thérapeutique soient encadrés comme des médicaments et passent par les officines.
- Proposer au gouvernement un cadre réglementaire clair : traçabilité obligatoire, contrôle de composition, pharmacovigilance, vente en officine pour les produits à risque.
- Communiquer auprès des consommateurs sur les dangers de la parapharmacie non contrôlée et positionner l’officine comme le lieu sûr pour les produits de santé.
Le sit-in du 9 avril a montré que les pharmaciens peuvent se mobiliser. Maintenant, il faut transformer cette mobilisation en propositions constructives. L’alerte d’aujourd’hui nous en donne l’occasion.
Notre profession doit cesser de se défendre passivement et commencer à proposer activement comment protéger la santé publique. La parapharmacie non réglementée est une plaie — c’est à nous de la soigner.
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Source consultée : Le360 — Alerte des autorités sur les compléments alimentaires à hauts risques (8 avril 2026)
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