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Fait marquant : Lahbabi Remet les Pendules à l’Heure
Confrères, le message est clair et sans détour. Mohamed Lahbabi, président de l’Ordre national des pharmaciens (CNOP), a déclaré hier dans les colonnes du Matin.ma que l’ouverture du capital des pharmacies constituait « une mauvaise réponse à un grand problème ».
Cette prise de position intervient à un moment stratégique : alors que le dossier de la réforme pharmaceutique reste en suspens, que les pharmaciens ont multiplié les actions (sit-in du 9 avril, mobilisations, prises de parole publiques), le leader de la profession revient à la charge avec une analyse qui va bien au-delà du simple refus catégorique.
La nuance est importante. Lahbabi ne dit pas « non, c’est impossible ». Il dit « c’est la mauvaise solution au mauvais problème ». C’est une critique plus profonde, plus politique, qui interpelle directement les décideurs : vous avez identifié un problème réel dans le secteur pharmaceutique, mais vous proposez un remède qui va tuer le patient au lieu de le soigner.
Quel est ce « grand problème » auquel il fait référence ? Probablement la question de l’accessibilité aux médicaments, de la couverture pharmaceutique, de la modernisation du secteur. Des enjeux légitimes. Mais la solution de l’ouverture du capital ? Pour Lahbabi, c’est un détournement de ces enjeux au profit des intérêts financiers.
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Décryptage : Pourquoi Cette Critique Ébranle le Gouvernement
Confrères, il faut comprendre la portée politique de cette déclaration. Mohamed Lahbabi n’est pas un simple pharmacien qui crie au scandale. Il est le président de l’Ordre, l’instance représentative de toute la profession. Quand il parle, il parle au nom de plusieurs milliers de pharmaciens marocains.
Son argument est redoutable parce qu’il accepte le débat sur le fond plutôt que de le rejeter en bloc. Il dit essentiellement : « Oui, il y a des problèmes à résoudre. Non, ce n’est pas en ouvrant le capital aux fonds d’investissement que vous les résoudrez. »
- Crédibilité accrue : Lahbabi ne refuse pas le dialogue, il le structure. C’est plus difficile à contrer politiquement.
- Mobilisation renforcée : La profession peut se rallier autour d’une critique constructive plutôt que d’un simple « non ».
- Pression sur les décideurs : Le gouvernement doit maintenant justifier pourquoi il choisit cette solution plutôt qu’une autre.
- Espace pour des alternatives : Implicitement, Lahbabi ouvre la porte à des propositions de la profession pour résoudre les vrais problèmes.
Le gouvernement se trouve donc face à un dilemme : soit il abandonne le projet d’ouverture du capital (ce qui serait une victoire pour la profession), soit il persiste et doit alors expliquer publiquement pourquoi il rejette les propositions alternatives de la CNOP.
C’est un jeu d’échecs politique, et Lahbabi vient de faire un mouvement très intelligent.
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En bref : Les Autres Dossiers du Jour
Compléments alimentaires : vers un monopole des pharmaciens ?
Consonews rapporte hier que la question du monopole pharmaceutique sur les compléments alimentaires refait surface. C’est un dossier complémentaire à celui de l’ouverture du capital : d’un côté, on veut ouvrir le capital des pharmacies aux investisseurs, de l’autre, on envisage de renforcer le monopole des pharmaciens sur certains produits. Contradiction ou stratégie ? À suivre.
Le Maroc, une option pour la relocalisation de l’industrie pharmaceutique européenne ?
L’Initiative.ca rapporte que le Maroc se positionne comme une alternative intéressante pour les laboratoires pharmaceutiques européens cherchant à relocaliser leur production. C’est une bonne nouvelle pour l’industrie pharmaceutique marocaine, mais cela ne règle pas la question de l’accès aux médicaments pour les patients marocains ni celle du monopole des pharmacies d’officine.
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À retenir : Les 5 Points Clés de la Journée
- Critique constructive de Lahbabi : Le président de la CNOP ne refuse pas le dialogue, il le structure autour d’une critique de fond : l’ouverture du capital n’est pas la solution aux vrais problèmes du secteur.
- Stratégie politique renforcée : En acceptant le débat sur les enjeux réels, la profession se positionne comme un acteur responsable, pas comme un groupe corporatiste fermé.
- Pression maintenue : Le dossier de l’ouverture du capital reste en suspens. Les pharmaciens continuent de faire entendre leur voix, et le gouvernement doit justifier ses choix.
- Compléments alimentaires : Le dossier du monopole pharmaceutique sur les compléments alimentaires refait surface, montrant que la profession cherche à renforcer son périmètre de compétences.
- Opportunités industrielles : Le Maroc se positionne comme un hub pour la relocalisation pharmaceutique européenne, une opportunité économique qui ne doit pas détourner l’attention des enjeux d’accès aux médicaments.
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Le mot de la rédaction : Quand la Profession Reprend l’Initiative
« L’ouverture du capital des pharmacies est une mauvaise réponse à un grand problème. » — Mohamed Lahbabi, CNOP
Confrères, nous assistons à un tournant dans la bataille pour la défense du monopole pharmaceutique. Mohamed Lahbabi vient de faire un mouvement stratégique crucial : il a recentré le débat sur les vrais enjeux.
Pendant des mois, la profession a dû se battre contre un projet qui semblait inévitable, présenté comme une « modernisation nécessaire ». Aujourd’hui, le leader de la CNOP dit clairement : « Vous avez raison de vouloir moderniser, mais vous vous trompez de méthode. »
C’est une critique bien plus redoutable qu’un simple refus. Pourquoi ? Parce qu’elle force le gouvernement à justifier son choix, à expliquer pourquoi il préfère l’ouverture du capital à d’autres solutions. Et jusqu’à présent, cette justification n’a jamais été clairement articulée.
Mais attention : cette victoire tactique ne doit pas nous endormir. Le dossier reste ouvert. Les lobbies financiers continuent de travailler en coulisses. Les pressions internationales (accords commerciaux, normes de l’OMC) ne disparaissent pas.
La profession doit maintenant proposer des solutions concrètes aux problèmes qu’elle reconnaît implicitement (accessibilité, modernisation, efficacité). Il ne suffit plus de dire « non », il faut dire « oui, mais autrement ».
C’est le moment pour la CNOP de présenter un plan alternatif : comment moderniser les pharmacies sans ouvrir le capital ? Comment améliorer l’accès aux médicaments ? Comment renforcer le rôle du pharmacien d’officine dans le système de santé ?
Enjeu majeur : Si la profession ne propose rien, le gouvernement finira par imposer l’ouverture du capital en prétendant que c’est la seule solution. La balle est dans le camp de la CNOP.
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