—
Fait marquant : Révision de la Loi 17.04, Promesses Gouvernementales et Colère Pharmacienne
Le 4 avril 2026, deux informations majeures ont secoué le secteur pharmaceutique marocain. D’un côté, le gouvernement annonce un projet de loi pour renforcer le contrôle des médicaments et la pharmacovigilance. De l’autre, les pharmaciens d’officine maintiennent leur mobilisation avec un sit-in prévu le 9 avril.
Cette juxtaposition révèle une tension fondamentale : le gouvernement légifère sur des questions techniques (contrôle, pharmacovigilance) tandis que la profession crie son désarroi sur des enjeux existentiels. Les pharmaciens ne demandent pas une meilleure pharmacovigilance ; ils demandent qu’on les laisse exercer leur métier sans menace d’ouverture du capital.
Selon Medi1 News (4 avril 2026), ce projet de loi viserait à renforcer les mécanismes de contrôle et de surveillance des médicaments. Parallèlement, Medias24 (4 avril 2026) rapporte une révision de la loi 17.04 sur les médicaments.
Mais voici le problème : aucun détail concret n’est fourni. Quels sont les mécanismes précis ? Qui contrôle ? Selon quels critères ? Et surtout, comment cette révision réglementaire s’articule-t-elle avec la menace existentielle qui pèse sur la profession ?
Selon H24info (4 avril 2026), les pharmaciens maintiennent leur mobilisation. Le sit-in du 9 avril n’est pas annulé. C’est un signal : la profession a épuisé sa patience face aux promesses creuses et aux demi-mesures.
—
Décryptage : Pourquoi Cette Révision Réglementaire Sonne Creux
Confrères, soyons lucides. Le gouvernement nous propose une révision du cadre réglementaire des médicaments. C’est techniquement pertinent. Mais c’est aussi stratégiquement vide.
Pourquoi ? Parce que la vraie menace ne vient pas d’une pharmacovigilance insuffisante. Elle vient de l’ouverture du capital des pharmacies, recommandée par le Conseil de la Concurrence et qui plane comme une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes.
Renforcer le contrôle des médicaments, c’est du travail administratif. Mais cela ne résout rien si, demain, une grande chaîne de distribution ou un groupe financier peut acheter 51% de votre officine et transformer votre métier en simple point de vente.
La profession l’a compris. D’où le sit-in du 9 avril. Ce n’est pas une demande de meilleure réglementation. C’est un cri d’alarme existentiel.
Le gouvernement va-t-il enfin répondre à la demande centrale des pharmaciens : le maintien du monopole pharmaceutique et l’interdiction de l’ouverture du capital ? Ou continuera-t-il à nous offrir des miettes réglementaires pendant que les vrais enjeux restent en suspens ?
Rappelons-le : la loi 17.04 date de 2006. Une révision était nécessaire. Mais pas au détriment de l’essence même du métier de pharmacien d’officine.
—
En bref : Les Autres Actualités du Jour
Infrastructures sanitaires : Le gouvernement poursuit ses investissements en santé publique. Selon Hespress (4 avril 2026), le programme de réhabilitation de 1400 centres de santé s’achève. Le Chef du gouvernement a également lancé les services d’un hôpital de proximité à Aït Ourir et d’un centre de santé rural de deuxième niveau à Tazart dans la province d’Al Haouz. Ces investissements sont importants, mais ils ne répondent pas à la crise d’identité que traverse l’officine marocaine.
Innovation en santé : Telquel.ma (4 avril 2026) publie une tribune sur la réinvention de la médecine et l’innovation en santé. Pertinent, mais encore une fois, ces innovations ne servent à rien si le modèle économique de l’officine s’effondre.
—
A retenir
- Révision de la loi 17.04 : Le gouvernement annonce un projet de loi pour renforcer le contrôle des médicaments et la pharmacovigilance. Détails attendus.
- Sit-in maintenu : Les pharmaciens d’officine maintiennent leur mobilisation du 9 avril. C’est un ultimatum clair au gouvernement.
- Décalage stratégique : Le gouvernement légifère sur des questions techniques tandis que la profession demande une réponse sur l’ouverture du capital.
- Investissements sanitaires : Réhabilitation de 1400 centres de santé et lancement de nouveaux équipements. Positif, mais insuffisant face à la crise de l’officine.
- Patience épuisée : La profession n’accepte plus les demi-mesures. Le 9 avril sera décisif.
—
Le mot de la rédaction : Assez de Réglementation, Agissez sur le Fond
Confrères, nous voyons le jeu. Le gouvernement nous propose une révision réglementaire pour nous faire croire qu’il agit. C’est une illusion.
Oui, renforcer la pharmacovigilance est important. Oui, moderniser la loi 17.04 était nécessaire. Mais ce ne sont pas les vraies questions.
La vraie question est celle-ci : allez-vous défendre le monopole pharmaceutique ou le sacrifier sur l’autel de la libéralisation économique ?
Le Conseil de la Concurrence a recommandé l’ouverture du capital. C’est une menace existentielle pour notre profession. Et le gouvernement reste silencieux sur ce point.
Le sit-in du 9 avril n’est pas une demande de meilleure réglementation. C’est un ultimatum : tranchez sur l’ouverture du capital. Interdisez-la ou autorisez-la, mais ne nous laissez pas dans le flou.
Nous ne sommes pas des commerçants. Nous sommes des acteurs de santé publique. Et en tant que tels, nous refusons que notre profession soit transformée en simple point de vente. — PharmAssiste
Aux pharmaciens : Le 9 avril, soyez nombreux. Montrez au gouvernement que cette profession ne pliera pas. Que nous ne nous contenter
Ordre des Pharmaciens MarocIndustrie pharma MarocHespress SantéLe360 SantéTelQuel Santé