Ouverture du Capital des Pharmacies : Dr. Chattou Enfonce le Clou, le Gouvernement Doit Trancher

Veille réglementaire — 22 mars 2026
Ce dimanche 22 mars, le Dr. Mohammed Chattou, figure de proue de la défense du modèle officinal marocain, revient à la charge contre l’ouverture du capital des pharmacies aux investisseurs non pharmaciens. Une prise de position qui intervient alors que le Maroc peaufine ses nouveaux décrets sanitaires, jugés insuffisants pour aligner le pays aux standards OMS.

Fait marquant : Chattou Tire la Sonnette d’Alarme sur l’Ouverture du Capital

Dans une déclaration publiée ce matin sur Challenge.ma (22/03/2026 07:52), le Dr. Mohammed Chattou réaffirme avec force son opposition à l’ouverture du capital des pharmacies d’officine aux investisseurs non pharmaciens. Son message est sans détour : « Cette ouverture ne fera qu’aggraver la situation économique et financière des pharmaciens ».

Cette prise de position intervient dans un contexte où le dossier de l’ouverture du capital reste en suspens depuis plusieurs mois. Le Conseil de la Concurrence avait précédemment plaidé pour une libéralisation du secteur, arguant que le modèle monopolistique des pharmaciens freinait la concurrence et l’innovation. Mais la profession pharmaceutique marocaine, unie derrière ses leaders, continue de résister farouchement à cette menace existentielle.

Chattou incarne cette résistance. En rappelant les conséquences économiques désastreuses d’une telle ouverture, il adresse un message clair au gouvernement : le secteur des pharmacies d’officine n’est pas un marché comme les autres, et ne peut pas être traité comme tel.

Décryptage : Les Trois Décrets Sanitaires, une Avancée Insuffisante

Parallèlement à cette controverse sur l’ouverture du capital, le Maroc vient d’adopter trois nouveaux décrets sanitaires destinés à moderniser le cadre réglementaire pharmaceutique. Selon Le Desk (21/03/2026 21:44), ces décrets visent à rapprocher le Maroc des standards de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Cependant, l’analyse du média spécialisé est cinglante : « Ces trois nouveaux décrets ne suffisent pas ». Pourquoi ? Parce que la réforme réglementaire, bien que nécessaire, ne règle pas les problèmes structurels du secteur :

  • Bureaucratie sanitaire : Les procédures d’autorisation de mise sur le marché (AMM) restent complexes et chronophages.
  • Fragmentation du marché : Les officines indépendantes peinent à rivaliser avec les chaînes intégrées.
  • Accès aux médicaments : Les prix restent élevés pour les patients, malgré les efforts de régulation.
  • Innovation limitée : L’industrie pharmaceutique marocaine peine à développer des génériques et biosimilaires compétitifs.
Le vrai enjeu : Réforme réglementaire vs. Réforme structurelle

Les trois décrets adressent les symptômes (normes de qualité, traçabilité, pharmacovigilance), mais pas la maladie (concentration du pouvoir économique, fragilisation des officines indépendantes, menace de financiarisation du secteur).

Confrères, c’est ici que réside le piège : le gouvernement peut se féliciter d’avoir « modernisé » le cadre réglementaire, tandis que l’ouverture du capital des pharmacies aux fonds d’investissement reste en arrière-plan, attendant le moment propice pour ressurgir. Les deux dossiers sont intimement liés.

En bref : Autres actualités du jour

Médicaments en Afrique et tensions géopolitiques

Le360 Afrique rapporte (22/03/2026 01:48) que les tensions au Moyen-Orient perturbent l’accès aux traitements essentiels en Afrique. Cette information revêt une importance particulière pour le Maroc, carrefour entre l’Afrique et le Moyen-Orient. Les ruptures de stocks de médicaments importés pourraient affecter l’approvisionnement des officines marocaines dans les mois à venir.

Trafic de drogue au port Tanger-Med

La DGSN a annoncé (21/03/2026 09:45) la mise en échec d’une tentative de trafic international de drogue au port Tanger-Med. Bien que non directement lié à la pharmacie d’officine, ce dossier rappelle l’importance de la vigilance douanière et du contrôle des flux de substances réglementées.

A retenir

  • L’ouverture du capital reste la menace existentielle : Les déclarations du Dr. Chattou rappellent que ce dossier n’est pas clos, malgré les apparences.
  • Les trois décrets sanitaires sont une demi-mesure : Ils modernisent le cadre réglementaire, mais ne résolvent pas les problèmes économiques et structurels du secteur.
  • La profession pharmaceutique doit rester mobilisée : Chaque prise de position publique compte pour maintenir la pression politique et médiatique.
  • Les tensions géopolitiques impactent l’approvisionnement : Le Maroc doit renforcer sa résilience face aux ruptures de stocks internationales.
  • L’unité de la profession est la clé : Tant que les pharmaciens d’officine parlent d’une seule voix, le gouvernement hésitera à franchir le Rubicon de l’ouverture du capital.

Le mot de la rédaction : Vigilance Permanente

Confrères, ce dimanche 22 mars 2026 marque un tournant symbolique. Alors que le Maroc change d’heure (passage à GMT+1), la profession pharmaceutique doit aussi ajuster sa montre : celle de la vigilance.

Le Dr. Chattou a raison de sonner l’alarme. L’ouverture du capital des pharmacies n’est pas un débat académique ou théorique. C’est une question de survie économique pour des milliers de pharmaciens d’officine marocains. Une fois que les fonds d’investissement auront pris pied dans le secteur, il sera trop tard pour revenir en arrière. Nous aurons basculé d’un modèle de profession libérale à un modèle de franchise commerciale, où le pharmacien devient un simple gestionnaire de point de vente.

Alerte : Le gouvernement doit trancher

Les trois nouveaux décrets sanitaires sont une bonne chose, mais ils ne doivent pas servir de paravent à une ouverture du capital déguisée. Le gouvernement doit prendre une position claire et définitive : soit il confirme le monopole pharmaceutique comme fondement du modèle officinal marocain, soit il accepte la financiarisation du secteur. Pas de demi-mesures.

Notre appel aux pharmaciens : Continuez à vous mobiliser. Continuez à faire entendre votre voix. Continuez à rappeler au gouvernement et à l’opinion publique que vous êtes des professionnels de santé, pas des commerçants. Et continuez à défendre l’idée que la pharmacie d’officine est un service public, pas une marchandise.

Le combat n’est pas terminé. Il ne fait que commencer.

**Sources citées :**
Challenge.ma — Dr. Mohammed Chattou sur l’ouverture du capital (22/03/2026)
Le Desk — Les trois nouveaux décrets sanitaires (21/03/2026)
Le360 Afrique — Médicaments et tensions géopolitiques (22/03/2026)


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PharmAssiste Veille Réglementaire — 22/03/2026

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