🔥 Actualité brûlante
C’est officiel : le gouvernement marocain accélère sur le dossier qui fait trembler la profession pharmaceutique. Le Plan Rahhou, dévoilé ce lundi 2 mars 2026, pose les jalons concrets de l’ouverture du capital des pharmacies d’officine. Pendant ce temps, trois partis politiques montent au créneau contre cette libéralisation (1er mars), signalant une fracture majeure au sein de la classe politique elle-même.
Le timing est révélateur : alors que le gouvernement affiche son projet, la contestation s’organise. Ce n’est plus une rumeur de couloir, c’est un affrontement frontal entre une vision libérale de l’économie de santé et la défense d’une profession que nos confrères considèrent comme un service public, pas une simple marchandise.
📋 Décryptage
Le Plan Rahhou : une feuille de route pour la déprofessionnalisation ?
Selon Le Desk (2 mars 2026), le Plan Rahhou détaille les modalités concrètes de cette ouverture. Le gouvernement ne cache plus son jeu : il s’agit de transformer le modèle économique des pharmacies en permettant à des investisseurs externes (fonds de capital-risque, groupes financiers, chaînes commerciales) de prendre des participations dans le capital des officines.
Confrères, comprenons bien ce qui se joue : ce n’est pas une simple réforme administrative. C’est la fin du monopole professionnel qui a fondé la légitimité de l’officine comme lieu de santé. Une fois le capital ouvert, les décisions stratégiques (prix, gamme de services, heures d’ouverture, politique de conseil) échapperont au pharmacien pour être dictées par des logiques de rentabilité financière.
Les expériences internationales : des avertissements ignorés ?
Medias24 a publié une analyse (1er mars 2026) intitulée « Ouverture du capital des pharmacies : ce que révèlent les expériences internationales ». Ce titre seul devrait suffire à alerter nos décideurs.
Que s’est-il passé en France, en Allemagne, en Belgique, en Italie quand ces pays ont ouvert le capital ? Consolidation massive, fermetures d’officines en zones rurales, disparition du conseil pharmaceutique au profit du modèle « grande surface », augmentation des prix pour les patients, réduction des effectifs. Les chaînes de pharmacies ont prospéré. Les petites officines ont disparu. Et les pharmaciens ? Ils sont devenus des salariés.
Le gouvernement marocain ignore-t-il volontairement ces leçons ? Ou les accepte-t-il comme un prix à payer pour l’intégration au modèle capitaliste global ?
La riposte politique : un signal d’espoir
Trois partis politiques ont décidé de ne pas rester silencieux. Selon Medias24 (1er mars 2026), ces formations politiques « montent au créneau contre la libéralisation ». C’est un élément crucial : la question de l’ouverture du capital n’est plus un débat technique entre technocrates, c’est un enjeu politique.
Cela signifie que la mobilisation des pharmaciens a porté ses fruits. Les partis voient dans cette question un sujet de clivage politique majeur. C’est une opportunité pour notre profession de transformer la contestation en véritable rapport de force.
📰 En bref
- Plan Rahhou dévoilé (2 mars 2026) : Le gouvernement détaille les modalités concrètes de l’ouverture du capital des pharmacies. Lire l’article du Desk
- Trois partis s’opposent (1er mars 2026) : La contestation politique s’organise contre la libéralisation des pharmacies. Lire l’article de Medias24
- Leçons internationales ignorées (1er mars 2026) : Une analyse détaillée des impacts de l’ouverture du capital en Europe. Lire l’analyse de Medias24
- Maladies rares : l’AMRM alerte (1er mars 2026) : L’Association Marocaine des Maladies Rares demande l’urgence d’un dépistage néonatal. Lire l’article du Le360
💊 Ce qu’il faut retenir
- Le Plan Rahhou est concret : Ce n’est plus une menace théorique. Le gouvernement détaille les modalités de l’ouverture du capital. La fenêtre de tir pour la mobilisation se rétrécit.
- Les expériences internationales sont éloquentes : Consolidation, fermetures en zones rurales, disparition du conseil pharmaceutique. Le Maroc ne sera pas épargné par ces dynamiques.
- La contestation politique s’organise : Trois partis s’opposent à la libéralisation. C’est une opportunité pour transformer la mobilisation professionnelle en rapport de force politique.
- L’enjeu dépasse la simple économie : Il s’agit de la définition même du rôle du pharmacien : professionnel de santé ou simple commerçant ? Acteur de santé publique ou salarié d’un fonds de capital-risque ?
- Le temps presse : Chaque jour qui passe rapproche l’adoption législative. La mobilisation doit s’intensifier, pas se relâcher.
✊ Le mot de la rédaction
Confrères, nous sommes à un moment charnière. Le Plan Rahhou n’est pas un document administratif parmi d’autres : c’est la feuille de route de la déprofessionnalisation de notre métier.
Ce qui nous frappe, c’est le contraste saisissant : d’un côté, un gouvernement qui avance ses pions sans détour. De l’autre, une profession qui doit transformer sa légitime indignation en action politique concrète. Et heureusement, trois partis politiques ont compris l’enjeu.
Voici ce que nous demandons à l’Ordre des Pharmaciens et à tous nos confrères :
1. Intensifier la mobilisation : Les trois partis qui s’opposent à la libéralisation doivent être contactés, rencontrés, appuyés. Transformer la contestation politique en alliance stratégique.
2. Documenter les impacts : Chaque pharmacien doit témoigner des conséquences de cette ouverture du capital : perte d’autonomie, pression commerciale, abandon du conseil. Ces témoignages sont des munitions politiques.
3. Refuser le compromis de façade : Le gouvernement proposera certainement des « garde-fous » (pourcentage maximum de capital ouvert, représentation au conseil d’administration, etc.). Ces miettes ne changeront rien à la logique fondamentale : une fois le capital ouvert, c’est fini.
4. Préparer la grève : La menace de grève doit rester crédible. Elle l’est seulement si elle est préparée, organisée, avec des objectifs clairs.
Le Maroc a besoin de pharmaciens libres, indépendants, guidés par l’éthique professionnelle et l’intérêt du patient. Pas de franchisés d’un fonds de capital-risque étranger.
La balle est dans notre camp. À nous de jouer.