Ouverture du capital des pharmacies au Maroc : tout ce que le pharmacien doit savoir (Février 2026)

VEILLE RÉGLEMENTAIRE URGENTE — Février 2026

Le débat qui secoue la profession

Depuis début février 2026, le secteur pharmaceutique marocain traverse une crise sans précédent. Le Conseil de la concurrence, présidé par Ahmed Rahhou, a transmis au gouvernement un projet d’avis recommandant trois réformes majeures :

  • L’ouverture du capital des officines à des investisseurs non-pharmaciens
  • La libéralisation des horaires d’ouverture des pharmacies
  • L’assouplissement du chaînage officinal (possibilité de créer des chaînes de pharmacies)

Ces recommandations ont déclenché une vague de rejet massive de la part des professionnels du secteur.

Chronologie des événements

12 février 2026

Nouvelle rencontre entre le Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens (CNOP) et le Conseil de la concurrence. Le CNOP réaffirme son rejet des propositions sur fond de tension croissante.

15 février 2026

Le débat prend de l’ampleur dans les médias. Medias24 publie une analyse approfondie montrant que les avis divergent entre logique économique et protection de la santé publique.

18 février 2026

La Confédération des Syndicats des Pharmaciens du Maroc (CSPM) tient une session extraordinaire à Casablanca. Elle annonce son « rejet catégorique et absolu » des propositions et menace d’une grève nationale sans précédent avec fermeture totale des officines.

19 février 2026

TelQuel confirme la menace de grève nationale avec fermeture totale de toutes les pharmacies du Royaume.

23 février 2026

Le Conseil de la concurrence tient une réunion de sa Commission Permanente. Le même jour, le Parti de la Justice et du Développement (PJD) rejette officiellement l’ouverture du capital et la création de chaînes de pharmacies. Le Réseau marocain de défense du droit à la santé publie une note urgente de rejet.

24 février 2026

La CSPM adresse une lettre officielle au Chef du gouvernement Aziz Akhannouch pour réitérer son refus et demander une réforme concertée.

26 février 2026

Le Conseil de la concurrence s’explique publiquement, mais le bras de fer se poursuit. Le document officiel des recommandations devrait être rendu public début mars 2026.

Les arguments du Conseil de la concurrence

Ahmed Rahhou défend une ouverture encadrée et progressive du capital, arguant que :

  • Le marché pharmaceutique connaît une évolution structurelle qui dépasse la simple relation fournisseur-consommateur
  • L’ouverture faciliterait la création de nouvelles pharmacies, notamment dans les zones sous-desservies
  • Elle permettrait la modernisation et la mutualisation des achats
  • La couverture sanitaire universelle (AMO) nécessite une adaptation du modèle officinal
  • L’ouverture se ferait sous conditions légales et réglementaires claires

Pourquoi les pharmaciens s’y opposent

La CSPM et l’ensemble des organisations professionnelles avancent des arguments de fond :

  • « La pharmacie n’est pas un commerce ordinaire » — C’est un établissement de santé soumis à des exigences éthiques, scientifiques et réglementaires strictes
  • Menace sur l’indépendance professionnelle — Le pharmacien deviendrait un exécutant de stratégies commerciales dictées par des investisseurs
  • Risque de « déserts pharmaceutiques » — Les chaînes se concentreraient dans les zones rentables, abandonnant les zones rurales et les quartiers défavorisés
  • Hausse des prix — Les syndicats alertent que les grandes sociétés d’investissement feraient monter les prix des médicaments
  • Sécurité médicamenteuse — La souveraineté pharmaceutique du pays serait menacée
  • Le Maroc compte 14 000 pharmacies couvrant l’ensemble du territoire — il n’y a pas de pénurie

Le front du refus s’élargit

L’opposition ne se limite plus aux syndicats de pharmaciens :

  • CSPM (Confédération des Syndicats des Pharmaciens du Maroc) — Rejet catégorique, menace de grève
  • CNOP (Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens) — Opposition ferme
  • PJD (Parti de la Justice et du Développement) — « La santé des Marocains n’est pas une marchandise »
  • Réseau marocain de défense du droit à la santé — Note urgente de rejet
  • ONG et société civile — Mobilisation croissante
  • Parlementaire Latifa Cherif — Question au ministre de la Santé, avertissement sur le risque d’éclatement social

Contexte international

Il n’existe pas de modèle unique dans le monde. Les pays oscillent entre :

  • Propriété exclusive par le pharmacien (modèle français, actuellement au Maroc)
  • Ouverture encadrée du capital avec supervision obligatoire du pharmacien (certains pays européens)
  • Libéralisation totale (modèle anglo-saxon — Royaume-Uni, USA)

L’expérience internationale montre que la libéralisation n’a pas toujours conduit à une baisse des prix ni à une amélioration de l’accès aux soins.

Ce qu’il faut surveiller en mars 2026

  • La publication officielle de l’avis du Conseil de la concurrence (prévue début mars)
  • La réponse du gouvernement aux revendications de la CSPM
  • La date de la grève nationale si elle est déclenchée
  • Les éventuelles négociations entre les parties
  • La position du ministère de la Santé

Sources et liens utiles

Note : Cet article sera mis à jour au fur et à mesure des développements. Dernière mise à jour : 28 février 2026.

Article généré par la veille réglementaire PharmAssiste — Sources vérifiées au 28/02/2026

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