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Fait Marquant : Cooper Pharma Mobilise sur l’Observance Thérapeutique
Hier, 29 mars 2026, Cooper Pharma a organisé les premières Assises de l’Observance Thérapeutique centrées sur les traitements de l’hypertension. Un événement qui, dans le contexte actuel, revêt une importance particulière : alors que la profession pharmaceutique marocaine traverse une période d’incertitude majeure, une entreprise du secteur choisit de mobiliser autour d’un enjeu clinique fondamental.
L’hypertension artérielle reste l’une des pathologies chroniques les plus prévalentes au Maroc. L’observance thérapeutique — la capacité du patient à suivre correctement son traitement — est un facteur critique de succès thérapeutique. Cette initiative de Cooper Pharma adresse donc un besoin réel : améliorer l’adhérence des patients aux traitements antihypertenseurs.
Mais au-delà de l’aspect médical, ce signal est révélateur : face au vide réglementaire et à l’absence de communication officielle sur les grands dossiers en suspens, c’est l’industrie pharmaceutique elle-même qui prend l’initiative de structurer le débat professionnel. Les assises de Cooper Pharma deviennent ainsi un espace de dialogue que l’administration sanitaire et les instances de régulation ne semblent pas occuper.
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Décryptage : Un Secteur Qui S’Organise Malgré l’Immobilisme Institutionnel
Confrères, il faut nommer les choses : nous sommes face à un vide de leadership réglementaire. Depuis plusieurs semaines, les dossiers majeurs qui concernent notre profession restent en suspens :
- L’ouverture du capital des pharmacies — recommandée par le Conseil de la Concurrence, redoutée par la profession
- La feuille de soins électronique — en cours de déploiement par la CNSS, mais sans clarté sur ses impacts réels
- La réforme des prix des médicaments — annoncée, attendue, jamais finalisée
- La modernisation réglementaire — trois décrets adoptés, mais sans communication claire sur leur application
Dans ce contexte de paralysie institutionnelle, l’initiative de Cooper Pharma sur l’observance thérapeutique représente une prise de parole bienvenue mais insuffisante. Elle montre que l’industrie pharmaceutique continue à investir dans la qualité thérapeutique et la formation professionnelle. C’est positif. Mais cela ne résout pas les questions structurelles qui menacent notre modèle d’officine.
L’observance thérapeutique, c’est important. Mais comment parler d’observance quand l’avenir même de nos officines reste incertain ? Comment mobiliser la profession autour d’enjeux cliniques quand elle est paralysée par l’angoisse face aux réformes en attente ?
Nous avons besoin simultanément de : (1) continuer à exercer notre métier avec excellence clinique, (2) nous mobiliser collectivement pour défendre notre modèle professionnel, et (3) participer aux réformes nécessaires. Mais comment faire les trois quand l’administration reste muette ?
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En Bref : L’Actualité Pharmaceutique Reste Désespérément Creuse
Nous avons scruté les sources officielles, les médias marocains, les sites spécialisés. Le bilan est maigre : aucune nouvelle réglementaire majeure datée d’aujourd’hui ou d’hier.
Les sources consultées révèlent un paysage médiatique dominé par l’actualité géopolitique (tensions au Golfe, commerce international), économique (notation S&P du Maroc) et sportive (CAF, football). La santé et la pharmacie sont absentes du débat public.
Cela confirme une tendance préoccupante : notre secteur n’est plus un sujet de presse. Les réformes qui nous concernent se décident dans les bureaux ministériels, sans débat public, sans transparence, sans implication réelle de la profession.
Depuis le 29 mars, aucune communication officielle de l’AMMPS, de l’Ordre des Pharmaciens, de l’ANAM ou de la CNSS sur les dossiers en cours. Silence radio total. Cela pose une question : les décisions se prennent-elles sans nous ?
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A Retenir
- Cooper Pharma organise les premières Assises de l’Observance Thérapeutique (29 mars 2026) — une initiative bienvenue qui montre que l’industrie continue à investir dans la qualité clinique, même dans un contexte d’incertitude réglementaire.
- Aucune actualité réglementaire majeure n’a été publiée ces dernières 48 heures — le vide communicationnel persiste sur les dossiers critiques (ouverture du capital, feuille de soins électronique, réforme des prix).
- La profession pharmaceutique marocaine reste spectatrice des réformes qui la concernent — absence totale de communication officielle de la part des instances de régulation et de représentation.
- L’observance thérapeutique est un enjeu clinique réel, mais elle ne peut pas masquer les questions structurelles qui menacent notre modèle d’officine.
- La presse marocaine ignore la pharmacie — aucun article pharmaceutique dans les médias généralistes, ce qui reflète une absence de débat public sur nos enjeux professionnels.
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Le Mot de la Rédaction : Rompre le Silence
Confrères, nous ne pouvons plus accepter ce silence. Depuis des semaines, les grandes questions qui structurent notre profession restent sans réponse officielle. L’ouverture du capital des pharmacies ? Toujours en suspens. La feuille de soins électronique ? En déploiement, mais sans clarté. La réforme des prix ? Annoncée, jamais livrée.
Pendant ce temps, l’industrie pharmaceutique (Cooper Pharma) continue à animer le débat professionnel. C’est bien. Mais cela ne suffit pas. Nous avons besoin d’une communication claire, officielle et transparente de la part de l’AMMPS, de l’Ordre des Pharmaciens et du gouvernement.
Trois questions pour les décideurs :
- Quand aurons-nous une décision définitive sur l’ouverture du capital ? Les pharmaciens d’officine ont le droit de savoir si leur modèle professionnel sera préservé ou démantelé.
- Quel est le calendrier réel de la feuille de soins électronique ? Les officines doivent pouvoir se préparer techniquement et organisationnellement.
- Où en est la réforme des prix des médicaments ? Les laboratoires et les officines ont besoin de visibilité pour planifier leur activité.
PharmAssiste appelle la profession à se mobiliser pour exiger des réponses. Pas de débat public, pas de transparence, pas de démocratie professionnelle. C’est inacceptable. Les pharmaciens d’officine ne sont pas des figurants dans leur propre histoire.
L’absence de communication est une forme de communication. Elle dit : vos questions ne nous intéressent pas. Nous décidons sans vous. Refusons cette logique. — PharmAssiste
Les Assises de Cooper Pharma sur l’observance thérapeutique sont une belle initiative. Mais elles ne doivent pas nous détourner de l’essentiel : défendre notre profession, exiger de la transparence, et participer activement aux réformes qui nous concernent.
Rendez-vous demain pour une nouvelle veille. En attendant, mobilisez-vous. Posez des questions. Exigez des réponses.
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