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Fait marquant : Le Conseil de la Concurrence Dénonce les Fragilités du Marché Pharmaceutique
Le 16 mars 2026, le Conseil de la Concurrence a publié un avis majeur sur la distribution des médicaments au Maroc. Ce rapport, relayé par plusieurs médias marocains, ne se contente pas de dresser un constat : il recommande une réforme structurelle du système de fixation des prix et pointe explicitement les dysfonctionnements du marché officinal.
Selon Laquotidienne.ma, le Conseil identifie des « fragilités » dans le fonctionnement du marché pharmaceutique, notamment dans le mécanisme de fixation des tarifs. Cette critique intervient dans un contexte où le marché des pharmacies d’officine représente 13,5 milliards de dirhams et où les dépenses pharmaceutiques atteignent 642 DH par habitant en 2024.
L’avis du Conseil de la Concurrence n’est pas anodin : c’est une institution indépendante qui jouit d’une crédibilité auprès du gouvernement. Ses recommandations sont souvent suivies d’effet dans les réformes réglementaires. Cette prise de position ravive les craintes de la profession sur les intentions réelles du gouvernement concernant l’avenir du modèle officinal.
Les pharmaciens connaissent le scénario : une institution « neutre » comme le Conseil de la Concurrence dénonce les « inefficacités » du marché, propose une réforme, puis le gouvernement utilise ces conclusions pour justifier une libéralisation plus radicale. Le timing de cet avis, après les grèves de 2025 et les assurances du ministre Tehraoui, semble suspect.
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Décryptage : Ce Que Cache Vraiment Cet Avis
Le Conseil de la Concurrence ne propose pas une réforme anodine. En analysant les différents articles publiés le 16 mars, notamment par Telegraph et Laquotidienne.ma, on discerne plusieurs axes de réforme :
- Révision du système de fixation des prix : Le Conseil remet en question le mécanisme actuel, jugé « rigide » et « peu adapté aux réalités du marché ».
- Critique implicite du monopole officinal : En parlant de « fragilités », le Conseil laisse entendre que le modèle fermé des pharmacies n’est plus viable.
- Appel à une « meilleure concurrence » : Traduction : ouverture du marché à de nouveaux acteurs (chaînes de distribution, groupes financiers).
Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est que le Conseil de la Concurrence ne recommande pas simplement une meilleure régulation. Il suggère une transformation du modèle lui-même. Et qui dit transformation du modèle dit, inévitablement, remise en question du monopole pharmaceutique.
- 13,5 milliards de DH : Taille du marché des pharmacies d’officine
- 642 DH par habitant : Dépenses pharmaceutiques moyennes en 2024
- Croissance continue : Le marché reste sous pression avec une demande croissante et des marges comprimées
La question que tout pharmacien doit se poser : pourquoi le Conseil de la Concurrence intervient-il maintenant ? Après les grèves de 2025 et les assurances du ministre, pourquoi relancer ce débat ? Deux hypothèses :
- Préparation du terrain : Le gouvernement utilise le Conseil comme « éclaireur » pour tester la réaction de la profession avant une nouvelle tentative d’ouverture du capital.
- Pression des lobbies financiers : Les groupes d’investissement qui rêvent de mettre la main sur le marché pharmaceutique marocain continuent de faire pression en coulisses.
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En bref : Les Autres Actualités du Jour
Logiciels de gestion : le CRPOS appelle à la régulation
Le 16 mars, Le Desk rapporte que le CRPOS (Conseil de la Région Pharmaciens Ouest Sousse) demande une meilleure régulation des logiciels de gestion des pharmacies. Un sujet technique mais important : les outils informatiques utilisés par les officines doivent respecter des normes de sécurité et de conformité. Cette demande du CRPOS suggère que certains logiciels ne répondent pas aux standards requis.
Dépenses pharmaceutiques : 642 DH par habitant en 2024
Selon Laquotidienne.ma, les dépenses pharmaceutiques par habitant ont atteint 642 DH en 2024. C’est un indicateur de la consommation de médicaments au Maroc, mais aussi du poids des dépenses de santé pour les ménages. Cette augmentation reflète à la fois une meilleure couverture médicale et une inflation des prix des médicaments.
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A retenir : Les 5 Points Essentiels
- Avis critique du Conseil de la Concurrence : L’institution pointe les « fragilités » du marché pharmaceutique et recommande une réforme du système de fixation des prix.
- Timing suspect : Cet avis intervient après les grèves de 2025 et les assurances du ministre Tehraoui. C’est un signal d’alerte pour la profession.
- Marché sous pression : 13,5 milliards de DH, 642 DH par habitant en dépenses pharmaceutiques. Les chiffres montrent un marché mature mais fragile.
- Réforme des prix en ligne de mire : Le Conseil ne demande pas juste une meilleure régulation, mais une transformation du modèle de fixation tarifaire.
- Vigilance requise : La profession doit rester mobilisée. L’ouverture du capital reste une menace latente, même si elle a été écartée en 2025.
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Le mot de la rédaction : Attention, Manœuvre en Cours
Confrères, ne vous y trompez pas. Cet avis du Conseil de la Concurrence n’est pas un simple rapport technique. C’est un prélude.
Depuis les grèves de 2025 et la « victoire » apparente de la profession contre l’ouverture du capital, le gouvernement a changé de stratégie. Au lieu de forcer la porte, il prépare le terrain en douceur. Le Conseil de la Concurrence joue le rôle du « bon conseiller » qui vient dire : « Écoutez, le modèle actuel ne marche plus, il faut réformer. »
Et une fois que cette idée sera acceptée par l’opinion publique et les décideurs, la prochaine étape sera : « Pour réformer efficacement, il faut ouvrir le capital. » Vous connaissez la suite.
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