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Fait marquant : Trêve Provisoire, Pas de Capitulation
Confrères, c’est officiel depuis hier : les syndicats des pharmaciens suspendent leurs grèves nationales après avoir reçu des assurances du ministère de la Santé sur le maintien de l’indépendance des officines. Une décision stratégique qui mérite d’être décryptée, car elle n’est pas une victoire définitive, mais plutôt un armistice négocié.
Selon برلمان.كوم (8 mars 2026), les syndicats ont accepté de suspendre le mouvement de grève en échange d’assurances ministérielles. Mais attention : cette suspension n’est pas une fin définitive. C’est une pause tactique.
Ce qui rend cette nouvelle particulièrement intéressante, c’est la déclaration fracassante de Souad Moutaouakil, présidente de l’Ordre national des pharmaciens, rapportée par Medias24 (8 mars 2026) :
« Ouvrir le capital des officines, c’est ouvrir la voie à un capitalisme cannibale » — Souad Moutaouakil, CNOP
Cette formule cinglante résume parfaitement les craintes de notre profession. Moutaouakil ne dit pas « non » simplement par conservatisme : elle dénonce un modèle économique qui dévorerait les petites et moyennes officines au profit de grands groupes financiers. C’est une mise en garde claire : même si les grèves sont suspendues, le combat continue.
Parallèlement, Le360 (8 mars 2026) confirme que « la grève n’est plus à l’ordre du jour ». Mais le journal précise bien : c’est une suspension, pas un abandon.
Le ministère de la Santé a donné des « assurances » sur l’indépendance des officines, mais sans préciser les mécanismes juridiques qui les garantiraient. C’est un engagement politique, pas une loi. Les pharmaciens ont raison de rester vigilants.
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Décryptage : Pourquoi Cette Suspension Est Stratégique
Confrères, analysons la situation sans naïveté. Les syndicats ont suspendu les grèves, mais cela signifie plusieurs choses :
- Un rapport de force équilibré : Les grèves ont eu un impact. Le ministère a dû négocier. Les syndicats ne capitulent pas, ils se repositionnent.
- Une démonstration de force : En montrant qu’ils peuvent mobiliser, les pharmaciens rappellent au gouvernement qu’ils sont une profession organisée et incontournable.
- Un test de bonne foi : Cette suspension est un test. Si le ministère tient ses promesses et engage une réforme protégeant l’indépendance des officines, les grèves resteront suspendues. Sinon, elles reprendront.
- Une préparation pour la suite : Les syndicats gagnent du temps pour consolider leur position, consulter les adhérents, et préparer la prochaine étape.
Le rôle du Conseil de la concurrence est aussi crucial ici. Selon Le Matin.ma (8 mars 2026), Ahmed Rahhou explique les mécanismes en jeu. Le Conseil de la concurrence a déjà montré son opposition à certaines mesures de libéralisation. C’est un allié objectif de la profession.
Ce n’est pas juste une question de grèves ou de négociations. C’est la question fondamentale : qui contrôle la distribution des médicaments au Maroc ? Les pharmaciens indépendants ou les grands groupes financiers ? La réponse déterminera la qualité du service pharmaceutique pour les Marocains.
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En bref : Autres Actualités Réglementaires
Assurance maladie en progression : Selon Hespress (8 mars 2026), le ministre Tahraoui annonce que 88 % des Marocains disposent d’une assurance maladie. Une bonne nouvelle pour la couverture sociale, mais qui soulève des questions : cette couverture est-elle suffisante ? Les pharmaciens sont-ils correctement remboursés par ces régimes ?
Alerte sanitaire sur les laits infantiles : L’ONSSA a ordonné le retrait préventif de plusieurs lots de laits infantiles, selon Hespress (8 mars 2026). Un rappel que la pharmacovigilance et la sécurité des produits restent des priorités absolues. Les pharmaciens doivent être au cœur de ces contrôles.
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A retenir
- Suspension, pas capitulation : Les grèves
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PharmAssiste Veille Réglementaire — 09/03/2026